Le soleil du matin frappe encore obliquement lorsque les premiers randonneurs quittent Fira et empruntent le sentier qui longe le bord de la caldeira de Santorin. En dessous, à des centaines de mètres de profondeur, l'eau sombre de la mer Égée remplit l'ancien cratère volcanique — l'un des plus grands du Méditerranée — formé après une éruption catastrophique survenue vers 1600 av. J.-C. De ce bord éboulé et irrégulier, le chemin à pied vers Oia s'étend sur environ 10 kilomètres, avec un dénivelé variable atteignant les points les plus élevés autour de 300 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Le trajet complet nécessite en moyenne entre 3 et 5 heures de marche, selon le rythme et les pauses photographiques — et vous ferez de nombreuses pauses. Ce n'est pas un sentier alpin aménagé : le sol est souvent en terre, par endroits pavé de pierres volcaniques noires, et à certains endroits, le tracé s'approche dangereusement du bord de la falaise. C'est un parcours qui nécessite des chaussures de randonnée ou en tout cas des chaussures à semelle robuste, pas des sandales de plage.
De Fira à Firostefani : le premier tronçon urbain
Le point de départ conventionnel est la place centrale de Fira, le chef-lieu de l'île, facilement accessible par les bus locaux KTEL qui relient tous les principaux villages. Les premiers kilomètres du sentier traversent les bourgs de Firostefani et Imerovigli, pratiquement une continuation urbaine de Fira le long du bord de la caldeira. Ici, les maisons blanches s'entassent les unes sur les autres, les ruelles sont étroites et souvent envahies par des bougainvilliers roses et rouges, et les terrasses des bars donnent directement sur le vide de la caldeira.
Dans ce premier segment, le parcours est bien balisé et relativement facile. C'est aussi le tronçon le plus fréquenté : des touristes avec des valises à roulettes, des chats errants endormis sur les murets, des petites boutiques de souvenirs ouvertes dès le matin. Ne vous attendez pas à la solitude dans cette section, mais la vue sur la caldeira et sur les îles volcaniques de Nea Kameni et Palea Kameni au centre du bassin est déjà d'un grand impact visuel.
Le sentier sauvage : d'Imerovigli à Skaros
Après avoir dépassé Imerovigli, le sentier change de caractère. On quitte l'asphalte et on entre dans un paysage plus rude, où la végétation se réduit à des buissons bas et des câpres sauvages qui poussent entre les roches volcaniques. Peu après Imerovigli, on rencontre le Skaros Rock, une formation rocheuse qui s'avance sur la caldeira comme la proue d'un navire. Sur cet éperon se dressait à l'époque médiévale une forteresse génoise, aujourd'hui réduite à quelques ruines, mais la déviation jusqu'au bout vaut le temps passé : la vue à 270 degrés sur la caldeira et vers le profil du volcan est parmi les plus complètes de tout le parcours.
Ce tronçon central est le plus exigeant physiquement. Le sentier descend et remonte plusieurs fois, avec quelques passages sur des roches glissantes si le sol est humide. C'est aussi le segment où l'on marche le plus près du bord : aucune clôture, aucune rambarde. Ceux qui souffrent de vertige doivent faire attention, mais ceux qui n'en souffrent pas trouveront dans ce tronçon la partie la plus excitante de toute la marche.
L'arrivée à Oia et les conseils pratiques
Les derniers kilomètres vers Oia ramènent progressivement vers un environnement plus habité. Le village apparaît d'abord comme un ensemble de points blancs sur la crête de la caldeira, puis s'approche lentement jusqu'à révéler ses moulins à vent restaurés, les églises avec des dômes bleu cobalt et les célèbres maisons troglodytes creusées dans la roche volcanique. Oia est également connue pour abriter le Château vénitien, construit au XVe siècle et aujourd'hui en ruine, dont la place est le lieu de rassemblement de dizaines de touristes chaque soir pour assister au coucher de soleil.
Le conseil le plus important pour ceux qui souhaitent faire cette randonnée est un seul : partir tôt le matin, idéalement avant 7h00-8h00 en été. Les températures en juillet et août dépassent régulièrement les 30°C, et le sentier offre très peu d'ombre pendant presque tout le parcours. Apportez au moins un litre et demi d'eau par personne, de la crème solaire à haute protection et un chapeau. Ceux qui ne se sentent pas de revenir à pied peuvent prendre l'un des bus KTEL d'Oia vers Fira, ou le bus local qui relie les deux centres avec des passages fréquents pendant la journée. Le parcours peut également être effectué dans le sens inverse, d'Oia vers Fira, mais la plupart des randonneurs préfèrent terminer à Oia pour profiter du coucher de soleil après la randonnée.
Que prendre et à quoi s'attendre
En plus de l'eau et des chaussures appropriées, il est utile d'avoir quelque chose à manger : le long du sentier proprement dit, il n'y a pas de points de restauration entre Imerovigli et Oia. À Firostefani et Imerovigli, il y a des bars et de petites tavernes où faire une pause dans la première partie du parcours. Le sentier ne nécessite aucun billet d'entrée et est accessible librement.
Ceux qui visitent Santorin au printemps — entre avril et début juin — trouveront les meilleures conditions : des températures douces, une foule réduite par rapport à la haute saison et, certains années, quelques taches de fleurs sauvages encore en fleurs entre les roches volcaniques. En plein été, le parcours est néanmoins faisable, mais doit être abordé avec respect pour la chaleur et avec une organisation logistique minimale que de nombreux touristes, attirés uniquement par l'aspect photographique du trajet, ont tendance à sous-estimer.